Le-big-bang-de-la-formation

Emmanuel Macron a récemment présenté les priorités de l’année 2018, en mettant un accent particulier sur la formation. Il a ainsi déclaré “La France a besoin du travail et je le défendrai sans relâche. Priorité sera donnée à la formation tout au long de la vie pour faire face aux grands changements.” En effet, pour le Président de la République, la transformation du monde du travail, plus international et plus digital, nécessite l’acquisition de nouvelles compétences tout au long de la carrière des salariés. Ainsi, le gouvernement s’attelle à un vaste chantier depuis octobre 2017 : la réforme de la formation professionnelle.

Après un premier report, l’annonce de la ministre du travail, Muriel Penicaud, a enfin été faite, ce lundi 5 mars 2018. Et quelle annonce ! "Le Big-Bang de la formation" ! Au programme, une évolution du CPF (i.e. Compte Personnel de Formation), des changements structurels et plus d’autonomie pour les salariés. Les détails ci-dessous !

Le CPF chamboulé

Le gouvernement entend renforcer les droits individuels à la formation et en simplifier l’accès, autrement dit, laisser la possibilité aux individus d’acquérir des compétences personnalisées et ce, de façon autonome. Une logique amorcée avec le droit individuel à la formation (DIF) en 2004 puis poursuivie avec le CPF en 2015. Les actifs seraient donc plus libres quant aux choix de leurs formations. En effet, l’avantage du CPF réside dans le fait que les collaborateurs n’ont pas besoin de demander l’autorisation ou la validation de leur entreprise lorsqu’ils souhaitent utiliser ces heures.

Pour donner encore plus la possibilité à ces derniers de se former et de se préparer aux évolutions de leur carrière, le gouvernement et les partenaires sociaux parlaient au début d’une augmentation du nombre d’heures de CPF. Finalement, un tournant encore plus audacieux a été pris, puisque dès le 1er janvier 2019, le compte CPF ne sera plus alimenté par un crédit d’heures de formation, mais par un budget en euros à dépenser sur ces formations ! Ceci d’un montant de 500 € par an avec un plafond de 5000 € sauf pour les travailleurs les moins qualifiés (800€ par an avec un plafond de 8000 €).

Les OPCA en perte de pouvoir

Aujourd’hui, le marché des organismes de formation est très dispersé et parfois critiqué pour être fortement politisé, que ce soit par le patronat ou par les syndicats. Désormais, seulement l’URSSAF récoltera l’argent destiné à la formation et gérera l’ensemble du financement des formations. La collecte sera donc centralisée et gérée par les pouvoirs publics, reléguant les OPCA, dont le nombre sera de fait drastiquement réduit, à leurs rôles de co-construction de diplômes professionnels et de financement de l’apprentissage (via les CFA).

France-Compétences

Une nouvelle agence nationale appelée “France-Compétences” sera créée et gérée par l’Etat. Elle devra contrôler la qualité et le prix des formations (empêchant ainsi la flambée des prix que pourrait entraîner le passage du CPF en euros), et vérifier si les formations proposées sont en accord avec les compétences que les salariés déclarent vouloir développer.

Un gouvernement au top du digital !

Le gouvernement souhaite aussi faciliter la lisibilité du droit à la formation pour les collaborateurs. A cette fin une application mobile, qui devrait voir le jour en 2019, permettra à chaque salarié de visualiser ses droits, son solde de CPF mais aussi de s’inscrire directement depuis cette application après avoir consulté les avis des anciens participants. En attendant vous pouvez tester la recherde de formations sur BORN to LEARN qui proposera également des services avancés pour améliorer les parcours de formation.